L’aîné s’est fait exploser à l’aéroport, Khalid dans le métro. Les deux hommes étaient connus pour des faits de grand banditisme. Un profil qui inquiète.
L’information a été confirmée à la mi-journée par le procureur belge : les frères El Bakraoui ont bel et bien été identifiés comme deux des auteurs des attentats du 22 mars, Ibrahim, 29 ans, est le kamikaze de l’aéroport et son frère Khalid, 27 ans, celui de la station de métro Maelbeek. Une confirmation qui permet d’établir un lien direct entre ces attaques et les commandos des attentats du 13 novembre à Paris.
Ibrahim El Bakraoui, s’est fait exploser à l’aéroport. Il a été identifié grâce à une image des caméras de vidéosurveillance diffusée mardi par la police. Sur cette image, qui montre trois hommes poussant des chariots à bagages, peu de temps avant les deux explosions, il est celui du milieu. Des appels à témoins ont été diffusés pour les trois individus. Les deux autres n’ont pas été identifiés. À gauche, le second kamikaze ; à droite, un homme désormais en fuite, qui a abandonné son bagage, qui selon le procureur contenait « la charge explosive la plus importante ».
Les frères El Bakraoui sont connus des services de police pour des vols avec violences et braquages. Tous deux sont passés par la case prison, Khalid en 2010 pour avoir tiré sur un policier lors d’un braquage, Ibrahim en 2011 pour vols de voitures. Par contre, ils n’ont ni l’un ni l’autre effectué de voyage en Syrie, ce qui laisse penser qu’ils se seraient radicalisés derrière les barreaux.
Dans Le Figaro, le journaliste Nicolas Hénin, qui a été otage de l’EI en Syrie, estime que, radicalisés récemment, ces deux hommes ne sont que « de la chair à canon », de simples « exécutants ».
Ils ont été mentionnés par les médias belges en lien avec la traque du suspect-clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam, capturé vendredi dans la commune de Molenbeek après quatre mois de cavale. Khalid El Bakraoui aurait loué sous un faux nom une planque à Charleroi d’où est partie une partie des commandos du 13 novembre, et un appartement de la commune bruxelloise de Forest, où une perquisition de routine le 15 mars avait permis de retrouver la trace d’Abdeslam.
»Le pire est à craindre »
Selon L’Obs, les deux hommes ne présentaient pas le profil « d’islamistes radicaux ». Et l’hebdomadaire de citer une source policière qui confiait le 15 mars : « Les El Bakraoui n’avaient pas du tout le profil d’islamistes radicaux, plutôt celui de personnes issues du grand banditisme, prêtes à tout pour de l’argent. Si ces deux types se sont radicalisés, alors le pire est à craindre, car ils sont très dangereux. » Des craintes qui se sont révélées fondées. Dans un testament audio retrouvé dans un ordinateur lors d’une perquisition mardi, Ibrahim El Bakraoui explique qu’il est traqué et ne souhaite pas aller en prison. Selon le procureur, « il dit être dans la précipitation, ne plus savoir quoi faire, être recherché de toute part, il n’était – je cite – plus en sécurité, il se disait cerné de toute part et ne savait plus que faire (…) et que si la situation s’éternisait, il risquait de se retrouver à côté de lui (sans doute Salah Abdeslam, NDLR) en cellule ».
Ce profil inquiète Nicolas Hénin, qui souligne que « cela signifie qu’en plus des radicalisés partis par la Syrie il y des individus prêts à passer à l’action qui ne sont jamais partis là-bas ».
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