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Cameroun: nouvelle vidéo des exécutions sommaires de civils par les hommes en tenue

Alors que les États-Unis ont annoncé fin juillet le retrait du contingent des 300 Marines déployés au Nord du Cameroun dans le cadre de l’assistance aux forces locales dans la lutte contre Boko Haram, une nouvelle video révélée début août montre des exécutions sommaires attribuées à l’armée camerounaise. Il n’est pas exclu que les deux événements soient liés. Évocations.

Une nouvelle vidéo diffusée sur les réseaux sociaux cette semaine de début aout 2018 montre, après celle de juillet, montre des soldats présumés camerounais exerçant des tortures et des exécutions sommaires sur des civils dans la région de l’Extrême Nord du Cameroun. Selon la chercheure de Amnesty International pour la zone du Lac Tchad, il n’y a aucun doute : il s’agit de soldats camerounais. Celle qui avait conduit une enquête, il y a deux ans révélant les exactions d’unités de l’armée camerounaise contre les populations civiles dans la lutte contre la secte terroriste Boko Haram soutient dans un communiqué publié ce vendredi 10 août 2018 que les examens approfondies de laite vidéo confirme qu’il s’agit bien de la localité d’Achigachiya, dans le département du Mayo Tsanaga. Les dites tireraient non datées, auraient été effectuées et filmées au cours de la période du janvier 2016. Selon l’ONG internationale , qui dénonce les dénégations des autorités camerounaises, l’opération baptisée « Kamikaze » par ses auteurs avait eu lieu quand les forces camerounaises avaient entrepris de faire le siège de la localité pour récupérer les corps des membres des forces de défense et de sécurité tués par les membres de Boko Haram.

Affirmatifs, les Ong mettent la pression

À cette occasion, selon des témoignages recueillis par les medias et les Ong,les forces régulières camerounaises auraient demandé aux populations de quitter la.localite. La douzaine de personnes qu’on voit dans la video rassemblées au sol et criblées de balles de mitraillettes autres fusils automatiques, seraient des personnes âgées qui, contrairement aux plus jeunes, ‘avaient pas pu quitter la localité avant l’arrivée des soldats camerounais.

Dans un message publié hier jeudi 9 août 2018 sur les réseaux sociaux, le porte parole du ministère de la défense Colonnel Didier Badjeck a qualifié cette vidéo « de.pur montage destiné à saper le moral des troupes camerounaises réputées « professionnelles ». Parlant du contexte, sans doute pre-électoral, l’officier supérieur a soutenu que cette campagne visait le président Paul Biya. On sait en effet que ce dernier, 85 ans dont 36 déjà passé à la tete de l’Etat est à nouveau candidat pour un 7eme mandat.
Interrogé par France 24, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary s’est montré un peu plus prudent. Il a ainsi déclaré à nos confrères n’avoir pas encore reçu d’éléments de l’etat-major. Toutefois, il a rejeté les accusations contre l’armée camerounaise. Exactement comme en juillet dernier lorsque fut révélée la première vidéo montrant des éléments aux tenues de l’armée de l’air camerounaise tuant à bout portant deux enfants et leurs mères présentées par des membres du comité de vigilance qui les auraient arrêtées comme étant des membres de Boko Haram. Il avait néanmoins annoncé l’ouverture d’une enquête sur une prescription du chef de l’État, chef suprême des armées. Laquelle n’a pas donné de résultats connus au moment où est découverte une nouvelle vidéo.
Dénégations des autorités camerounaises

Cette attitude des autorités camerounaises est vivement reprouvée par les organisations de défense des droits de l’homme, Amnesty International et le Redhac en tête. Ces deux organisations qui ont, chacune les premières révélé fin 2015 et mi-2016 les meurtres et tortures des civils dans la région concernée considèrent que l’attitude des autorités camerounaises, faites de dénégations est un encouragement aux violations massives des droits de l’homme dans leur lutte contre le secte terroriste.
La révélation de la nouvelle vidéo tombe néanmoins au plus mal pour les autorités camerounaises. Interpellés par Amnisty International dans son rapport de juillet 2016, les États-Unis qui avaient une enquête interne – un contingent de 300 soldats US stationnés dans la région, à Garoua notamment, assistent depuis 2015 les forces camerounaises en formation et renseignements – ont annoncé en début août 2018 le retrait de ce contingent. Même si le Commandant en chef de Africom qui en a fait l’annonce dans un entretien avec le New York Times, affirme que la mission des forces américaines auprès de leurs homologues s’achève avec succès, ces dernières étant désormais capables d’opérer sans leur assistance, des experts militaires interrogés par le tri-hebdomadaire régional « L’œil du Sahel » considèrent que ce sont les effets des dénonciations impunies des exactions d’une armée alliée avec laquelle elle coopérait au cours de la période sous revue. La loi américaine est en effet assez rigoureuse sur le respect des droits humains par les pays avec lesquels coopèrent les Etats-Unis. Selon une autre opinion, il n’est d’ailleurs pas exclu que les enquêtes internes des services spécialisés aient pu établir depuis le temps la réalité de ces faits dénoncés par les Ong et qui sont de plus en plus documentés depuis mi-2018.

La rédaction.

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