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Olivier Bile, Président de l'Ufp et Jacques Maboula, Maire de la commune d'arrondissement de Yabassi
Olivier Bile, Président de l'Ufp et Jacques Maboula, Maire de la commune d'arrondissement de Yabassi

Cameroun : Olivier Bile, Président de l’Ufp, charge Jacques Maboula

Depuis quelques jours, il m’a été donné de constater une certaine forme d’agitation politico-médiatique orchestrée et alimentée par le maire de Yabassi. A l’UFP, nous ne sommes adeptes ni de la querelle gratuite ni du bavardage improductif. Mon silence et ma réserve sur cette affaire jusqu’ici, étaient de surcroît motivés par le fait que pour nous, l’acte de nomadisme politique renouvelé par lequel Jacques Maboula a rallié Akere Muna était un non-événement, un épiphénomène, un fait sans conséquence sur la marche inexorable de l’UFP vers son glorieux destin.

La nature de transhumants politiques impénitents et opportunistes de certains Camerounais n’est plus à établir et nous n’avons pas été surpris de sa démarche. Toutefois, compte tenu des exigences de certains concitoyens, mais aussi des nombreuses contrevérités entendues sur cette affaire, je me suis senti l’obligation de publier la présente mise au point en guise de clarification pour le public, que certains s’emploient à essayer de manipuler et de désinformer à leur avantage.

Pour la petite histoire, je me souviens simplement que M. Maboula, sans doute dans le cadre de ses propres spéculations et transactions politiques souterraines, est venu il y a quelques semaines à Yaoundé me faire une proposition pour le moins indécente. Il me fait savoir que le sponsor de sa dernière campagne municipale à Yabassi n’étant plus disponible, il a fait le choix de se livrer à quelqu’un d’autre pour assurer le financement de sa future campagne. Il me parle alors d’Akere Muna et d’une supposée plateforme pour soutenir sa candidature. Visiblement effrayé par la perspective de perdre sa position de maire que je devais, selon ses dires, l’aider à préserver, il préconise en fait que l’UFP plie armes et bagages pour l’accompagner dans une transaction qu’il semblait avoir déjà bouclée.

Intérieurement choqué par un tel égoïsme, deux souvenirs me sont alors venus à l’esprit. Celui du livre « l’Etat en Afrique : la politique du ventre » de Jean François Bayart. Puis celui d’Augustin Frederick Koddock affirmant que « quand on est en train de se noyer, l’on est prêt à s’accrocher même à un serpent ». En effet, peu soucieux du destin de ce parti même qui, dans des circonstances providentielles, l’a sorti en 2013 des profondeurs abyssales de l’anonymat politique, mon interlocuteur dont la vénalité et l’inconstance ne sont pas une nouveauté, me laisse vraiment perplexe sur la nature des hommes politiques dans notre pays.

Des hommes politiques sans conviction, naviguant au gré des vents, mais surtout animés par les impératifs des intestins et de la survie. Prêts à se vendre au plus offrant et prétextant, paradoxalement, aspirer au changement alors même que rien dans leur démarche ne traduit une quelconque rupture par rapport à l’existant. Je me souviens à cet égard de mes premières descentes à Yabassi où je fus choqué et scandalisé de constater que le maire UFP arborait, sans scrupules, l’uniforme du RDPC.

Tout le monde devrait s’en souvenir puisque les images en avaient souvent été diffusées sur certaines antennes. Il fallut que je manifeste ma colère pour qu’ils tempèrent cette pratique. Il paraît que politique chez nous rime encore avec girouette, hypocrisie, opportunisme, roublardise et filouterie. Allez donc comprendre pourquoi ! Et c’est de tels hommes politiques qui, plus bruyamment que les plus crédibles même, tout en condamnant le régime actuel qui avait juste eu tort de ne pas leur faire un peu de place, prétendent incarner une « Nouvelle république ».

Dans le registre de la trahison et de la félonie politiques, il est bon que l’opinion sache que M. Maboula qui ne croit qu’à la toute-puissance de l’argent en politique, avec tout ce que cela peut entrainer comme conséquences compromettantes, a mobilisé son sponsoring pour acheter la démission des conseillers UFP du parti, en vue sûrement d’une manœuvre de contorsion juridico-politique dont les contours restent secrets. La corruption et l’achat des consciences tant décriées, sont au cœur de la Nouvelle république !

Agissant comme Judas à l’endroit de Jésus qu’il avait trahi sans raison, mais juste pour quelques pièces d’argent, Jacques Maboula a trahi le parti libérateur de Yabassi qu’est l’UFP. Un parti dont le président n’a eu de cesse de promouvoir et de soutenir l’action de son maire, sur les médias et ailleurs, tout au long de son mandat, souvent même malgré les écarts d’affichage vestimentaire et autres sus évoqués. L’UFP qui l’a accompagné sans jamais rien lui demander, en dépit même de ses réticences, en qualité de régional UFP pour le Littoral, à implanter le parti dans le Nkam sous le prétexte fallacieux que cela entrainerait des dépenses qu’il n’est pas prêt à consentir.

Chers conseillers, populations de Yabassi, faisons attention aux conséquences de la félonie, surtout à l’égard d’un parti comme l’UFP. Les suites de la trahison de Judas sont connues même si, à titre personnel, je ne vous les souhaite pas. Bien au contraire. Yabassi, en tant que commune UFP, continuera donc à bénéficier du parapluie spirituel et symbolique de notre parti jusqu’à expiration du mandat lors des futures municipales.

Quant à l’affichage sur une prétendue coalition, j’en parle ici car M. Maboula, fidèle à sa logique de manipulation, veut laisser croire, comme dans cette interview sur Canal 2, qu’ils auraient, le monopole de vouloir en organiser une. Il a clairement affirmé que nous autres serions opposés à la coalition. Mais laquelle ? Coaliser signifie-t-il se vendre au plus offrant, ou mutualisation des capacités d’acteurs et choix du meilleur candidat et du meilleur projet ? Plus bas, je vous ferai part de notre approche de la coalition qui est du reste en cours de négociation car nul n’en a le monopole.

En réalité, nous sommes, avec la Nouvelle république, en présence d’une entreprise de manipulation et de mystification des Camerounais.

L’attirail d’organisations faisant partie de leur plateforme ne compte que des structures sans consistance ou tout simplement inconnues. Aucune du reste n’est éligible à la présidentielle et il reste à expliquer au public l’alchimie politico-juridique en vue pour pouvoir présenter plus tard la candidature de leur champion à la présidentielle. La presse devrait d’ailleurs s’en émouvoir et la réclamer. Voilà un bon thème d’enquête journalistique : l’éligibilité des acteurs politiques à la présidentielle de 2018.

En ce qui concerne Maboula et ses amis, le projet de participation à la présidentielle est fondé sur une opération de jongli jongla juridico-politique qui en dira long à l’opinion sur la moralité et la mentalité profonde de ses promoteurs. L’opportunisme est aussi caractérisé chez eux par le caractère hétéroclite de cette plateforme d’acteurs dont on peut se demander quel est le dénominateur commun ou le paramètre pertinent de convergence idéologique. Le concept de république étant considérablement galvaudé, l’on peut se demander si son usage ici fait même l’objet d’une claire appréhension par les promoteurs de cette entreprise de mystification venant d’acteurs qui n’ont jamais cessé d’être du système, au moins du point de vue du logiciel intrinsèque et des méthodes.

En ce qui nous concerne, je veux indiquer à ceux qui prétendent avoir le monopole du principe de plateforme que celle que nous, nous mettons méthodiquement et sereinement en place est guidée par l’exigence d’harmonie, de cohérence, de rupture véritable, de solidité et d’efficacité. Elle est surtout motivée par le souci de produire un programme conforme aux attentes profondes des Camerounais moyens et ceux d’en bas. Voilà pourquoi notre démarche correspond aux idéaux des Um Nyobe, Ouandjé, Moumié, Osendé Afana…, Tchundjang Pouemi, Mongo Beti, Jean Marc Ela, Abel Eyinga, Ateba Eyéné, etc…

Notre ancrage à la fois nationaliste, panafricaniste et foiiste, nous incline à construire notre coalition sur la base de rapprochements avec des acteurs partageant toutes ou certaines de ces valeurs dans la clarté. On ne mélange pas les torchons et les fourchettes. Ceux qui ont une certaine connaissance de notre géopolitique locale peuvent imaginer les interlocuteurs de notre logique du rapprochement qui, à côté du paramètre idéologique, intègre également le critère générationnel, avec une inflexion sur le facteur jeunesse des acteurs.

Pour véritablement changer notre pays, les Camerounais ne devront en aucune manière oublier les sacrifices énormes de nos martyrs du passé. Les sacrifices énormes, souvent au prix de leur vie, des fils de ce pays qui ont ouvert nos yeux sur les causes profondes du mal camerounais. Les Camerounais devront alors compter sur les acteurs qui incarnent ces idéaux aujourd’hui car l’imposture et la reproduction du mal sont plus que jamais présentes. Suivez mon regard !!!

L’absence de politique principielle, dans des valeurs élevées et une ligne éthique et idéologique claire, a toujours produit ce que j’appelle des alternances stériles au service d’un éternel recommencement.

Grace à Dieu, nous en sommes bien loin. Les acteurs politiques et sociaux de la véritable transformation de notre pays sont donc, plus que jamais, interpellés pour la mise en œuvre de la vraie alternative politique et gouvernementale dans notre pays !

Que Dieu bénisse et redresse le Cameroun !

NB : Le public me pardonnera le ton un peu vif de la présente publication dont le but n’était que celui de répondre à une agression politique gratuite et caractérisée, et de permettre à nos concitoyens de mieux comprendre les comportements et enjeux politiques de l’heure.

Olivier BILE, Président de l’UFP

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