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Crise anglophone au Cameroun : sur les traces des déplacés dans la région de l’Ouest

A peine arrivés, certains sont tiraillés entre la difficile insertion sociale et la pénible identification par les autorités.

Des personnes déplacées du fait de la crise sociopolitique en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont visibles dans plusieurs agglomérations de la région de l’Ouest depuis plusieurs mois. Un tour effectué dans la ville de Bafoussam permet de confirmer l’afflux des populations, majoritairement des élèves, en provenance de ces régions voisines. En premier, le lycée bilingue de la ville chef-lieu de l’Ouest, qui avait enregistré à lui seul environ 498 élèves déplacés sur 1000 dossiers reçus – les autres étaient allés chercher ailleurs.

«J’ai eu des difficultés à m’adapter à cause de la langue française; maintenant, je m’exprime un peu», explique Sandra Mbih, élève en classe de Lower 6 (équivalant de première dans le sous-système francophone). Elle a déposé ses valises chez son oncle, un électronicien. Tel n’est pas le cas pour ses camarades qui vivent dans des familles d’accueil. Ils ont été envoyés dans celles-ci par leurs parents pour y poursuivre leurs scolarités.

Pour la plupart fonctionnaires en service dans les régions en crise, ces géniteurs espèrent obtenir une affectation fut-ce-t-elle provisoire, en attendant un retour à la normale du côté de Bamenda et ses environs où ils sont en poste. Pour les adultes sans emploi fixe qui ont fui les violences dans leurs villages ou leurs villes d’origine, l’intégration, même dans le système ‘‘D’’ (entendu comme « débrouillardise »). Le secteur du Btp (bâtiments et travaux publics) est le principal pourvoyeur d’emplois.

Beaucoup y exercent en qualité de manoeuvres dans des chantiers de construction des routes et autres édifices. «J’ai fui la ville de Bamenda parce qu’on a lancé le couvre-feu. Ce qui ne permettait plus que je travaille aisément dans la nuit. Il y a aussi l’excès de violence là-bas», lance laconiquement Hoga, un jeune conducteur de moto. Chez des demoiselles, nombreuses sont celles qui se retrouvent dans des ateliers de couture, de coiffure, babysitteurs, serveuses de snack-bars. Tandis que d’autres ont choisi la voie de la facilité : la prostitution. Ces dernières écument les rues de Bafoussam la nuit tombée, à la recherche de « clients ».

Pour l’administration locale, la difficile équation à résoudre réside au niveau de la localisation des déplacés, faute des mesures préventives. «Nous n’avons pas travaillé sur cette opération d’identification, encore moins de dénombrement des déplacés en question; car, cela ne relève pas de notre compétence, mais nous pouvons solliciter un soutien financier auprès des pouvoirs publics afin de les aider dans ce sens», a suggéré Xavier Poné, un membre de la société civile.

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