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l’Afrique centrale mise sur le numérique

Les projets se multiplient pour favoriser l’accès aux NTIC. Exemple avec le Gabon, figure de proue de ce nouveau mouvement numérique.

Identifiée comme un des principaux leviers de développement pour le XXIe siècle, l’économie numérique débarque en Afrique centrale à une vitesse folle. Des opportunités s’ouvrent dans le domaine des télécommunications, mais aussi – et surtout – en appui à des mesures sociales et sanitaires, essentielles dans la sous-région où les taux élevés de mortalité maternelle et infantile, l’épidémie du VIH et le manque de suivi et d’accès aux soins ont fortement réduit l’espérance de vie, aujourd’hui la plus basse de toutes les régions d’Afrique.

Les priorités ne sont pas partout les mêmes et les possibilités de développement des nouvelles technologies de l’information (NTIC) – et la volonté politique nécessaire – dépendent souvent d’autres facteurs. Le taux d’urbanisation en est un marqueur. Très disparate en Afrique centrale, il passe de 85 % au Gabon, 61 % au Congo, 56 % au Cameroun, 55 % en Angola, 38 % en RCA, à seulement 33 % en RDC, 26 % au Tchad et 10 % au Burundi, pour une moyenne de 41 % selon les chiffres de la Commission des Nations Unies pour la sous-région.

Le Gabon, pays au taux d’urbanisation le plus élevé, a d’ores et déjà amorcé sa transformation numérique. Elle figure d’ailleurs parmi les quatre piliers du Plan Stratégique Gabon Emergent. « Les TIC sont un puissant levier de croissance, mais aussi de transformation sociale qui participent d’ores et déjà, de manière significative à l’amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques et au développement de l’activité économique et sociale » a déclaré le ministre de l’Économie numérique et de la Poste, Pastor Ngoua N’neme.

Le premier salon sur l’économie numérique

Jouissant de son avance dans la sous-région, le Gabon a organisé les 16 au 17 décembre dernier le premier Salon international de l’économie numérique et de l’innovation (SENIG) à Libreville. Sur le thème « Jeunesse et numérique, levier de développement durable », le salon, organisé en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications (UIT) et Transform Africa, réunissait experts nationaux et internationaux pour informer sur les opportunités du numérique. Sur deux jours, le salon aura accueilli plus de 2 000 participants.

Pour Pastor Ngoua N’neme, « l’implication de tous les acteurs du secteur, pour accélérer l’avènement d’une société du numérique, est capitale ». Secteur le plus dynamique du pays depuis le début des années 2000, l’économie numérique a déjà permis de créer plus de 2.000 emplois directs et 20 000 indirects. Avec un chiffre d’affaires de près de 293 milliards de francs, le secteur pèse aujourd’hui plus de 5 % du PIB national. Le salon a été l’occasion de montrer l’environnement favorable qu’offre le Gabon en termes d’infrastructures et d’accompagnement des investisseurs étrangers.

La croissance annuelle du Gabon ces quatre dernières années (autour de 6 %) a été fortement tirée par le secteur des services (+ 7,2 % de croissance) qui connaît un véritable essor grâce à sa meilleure connectivité et ouverture sur le monde. Un marché prometteur qui favorise le développement des PME et mobilise de nombreux acteurs, des opérateurs téléphoniques aux fabricants de terminaux.

La Banque mondiale soutient la transformation numérique

Pour accompagner cette dynamique, la Banque mondiale a accordé en septembre dernier son soutien au Gabon dans le cadre du projet eGabon, qui vise à développer et moderniser l’accès aux NTIC dans le pays. Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Gabon, liste les retombées de ce projet ambitieux en termes sociaux et sanitaires.

« Ce projet permettra de renforcer le dispositif de surveillance épidémiologique en utilisant les technologies de l’information et de la communication pour collecter les données nécessaires et diffuser les informations d’alerte et de riposte permanente. Plus largement, cela va accélérer le développement de la e-Santé, défini par l’OMS comme les services du numérique au service du bien-être de la personne, tant au niveau du secteur public que du secteur privé ».

Dans une région comme l’Afrique centrale, le développement de l’économie numérique est loin d’être un gadget. Les pouvoirs publics l’ont compris et l’ont promu au rang de priorité pour le développement de leur pays. Le projet de connexion de la fibre entre le Gabon et le Congo en témoigne.

Par Franck Mondet, consultant IT

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