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27 avril 1848, abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. © Peinture de François Auguste Biard - Photo Josse/Leemage
27 avril 1848, abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. © Peinture de François Auguste Biard - Photo Josse/Leemage

France : souvenir du 27 avril 2018, 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage

Le premier décret d’abolition de l’esclavage remonte à 1794. Mais il faudra attendre celui du 27 avril 1848, promulgué par Victor Schœlcher, pour que la traite soit définitivement interdite en France. Aujourd’hui, le 10 mai est la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Pendant près de quatre siècles, quatre millions d’esclaves ont travaillé de force dans des territoires français. Suite au décret du 27 avril 1848, entre 250.000 et 300.000 d’entre eux sont libérés dans les colonies. La grande majorité vit en Guadeloupe et en Martinique et dans une moindre mesure à la Réunion, en Guyane, en Algérie ou au Sénégal, notamment sur l’île de Gorée en baie de Dakar.

«En 2010, à l’occasion du 50e anniversaire de son indépendance, le Sénégal a déclaré l’esclavage et la traite négrière comme « crimes contre l’humanité », privilégiant un « devoir de mémoire » à destination des générations futures plutôt que d’exiger des réparations financières. (Le pays) est ainsi la première république africaine à inscrire dans son corpus juridique la qualification de ce crime contre l’Humanité», explique Jeune Afrique.

Mais il faudra attendre cinq années de plus pour que le Sénégal commémore, le 27 avril 2015, une première Journée nationale de l’esclavage et de l’abolition de la traite négrière. Mais en 2017, Dakar n’a pas pris en charge l’organisation de cette journée qui a été annulée.

Quelle date pour la France ?
Le projet de loi sénégalais s’est inspiré de la loi française votée le 10 mai 2001 à l’initiative de la députée d’origine guyanaise Christiane Taubira. En 2006, après de nombreuses polémiques sur le choix de cette date, le 10 mai devient la date officielle en France métropolitaine de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

François Hollande a d’ailleurs choisi d’inaugurer en Guadeloupe, le 10 mai 2015, le Memorial ACTe, le Centre caraïbéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, le plus important lieu de ce type en France.

Mais cette date reste controversée dans la mesure où des jours de commémoration existent déjà depuis 1983 dans les DOM, où ils sont fériés. Pour des raisons historiques, certaines collectivités d’Outre-Mer ont préféré choisir des périodes différentes.

Complexité de l’Histoire
Ce problème dans le choix des dates met à jour la complexité de l’histoire de l’abolition de l’esclavage. Comme l’explique le journaliste et écrivain franco-ivoirien, Serge Bilé: «Aux Antilles, l’abolition de l’esclavage n’est célébrée dans aucun des départements, la date retenue étant celle où les esclaves estiment s’être libérés en se révoltant : le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 9 juin en Guyane. Il est important pour les Africains d’identifier les dates significatives qui racontent leur propre histoire, que ce soit au Cameroun, au Bénin, au Togo… Ils pourraient même fixer une date unique, en concertation avec l’Union africaine, mais qui réponde à une histoire africaine.»

Et si l’île de Mayotte a conservé le 27 avril pour commémorer l’abolition de la traite, cela n’a rien à voir avec le décret de Victor Schoelcher, sous-secrétaire d’Etat aux colonies en 1848. En fait, comme l’explique Slate, «cela renvoie en fait au 27 avril 1846, où le baron Mackau abolissait l’esclavage à Mayotte, qui était alors vu comme un laboratoire expérimental. (…) Soit deux ans avant la décision républicaine du printemps 1848», explique Myriam Cottias, historienne et présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE).

Pour pallier ce risque de confusion dans ces différentes dates, le CNMHE a créé «le mois des Mémoires de l’esclavage, du 27 avril au 10 juin, qui a pour volonté de fédérer toutes les dates et de leur donner du sens. Ce mois crée une sorte de narration et de cohérence. Cela permet de fédérer tous les événements.»

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