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mardi, novembre 30, 2021
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L’ingéniosité architectural africain

 Ijeoma Ndukwe BBC News

Si les pyramides d’Égypte sont connues dans le monde entier, une grande partie de l’architecture africaine reste inconnue, ce que les architectes Adil Dalbai et Livingstone Mukasa espèrent changer.

Ils font partie de l’équipe qui a récemment publié le Guide architectural de l’Afrique subsaharienne en sept volumes. Leur étude approfondie englobe des bâtiments des époques antérieures, de la période coloniale – comme la gare récemment rénovée (ci-dessus) construite à Dakar, la capitale du Sénégal, en 1910, aux chefs-d’œuvre plus modernes.

Voici 12 des entrées les plus innovantes, historiques et emblématiques :

1) Tombes de Kasubi, Ouganda – 1882

Couvrant des hectares de terres agricoles dans la capitale ougandaise, Kampala, le complexe royal de Kasubi est le lieu de sépulture des monarques du royaume du Buganda. Il a été construit principalement en bois et autres matériaux organiques. L’intérieur est conçu pour reproduire une forêt sacrée et est surmonté de 52 anneaux circulaires pour représenter chacun des 52 clans du Buganda.

Mukasa, qui est né en Ouganda, a visité les tombes pour la première fois lorsqu’il avait 10 ans. « C’était stupéfiant », a-t-il déclaré à la BBC. « Pas seulement l’échelle, mais toute la grandeur de l’édifice.

« Il a été construit à la fin du XIXe siècle, avant l’introduction des matériaux modernes, en utilisant des méthodes traditionnelles vieilles de plusieurs siècles. Je sentais que le bâtiment avait une présence. Lorsque vous étiez à l’intérieur, il vous dominait. »

2) Marché de Lideta, Éthiopie – 2017

D’inspiration contemporaine, ce centre commercial a été construit par Vilalta Studio dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, avec du béton léger.

La conception réfléchie comprend une façade perforée qui contrôle le flux de lumière naturelle et la ventilation à l’intérieur.

En outre, le motif découpé qui décore la coque blanche étincelante du bâtiment imite un tissu éthiopien traditionnel.

3) Complexe Hikma, Niger – 2018

La fondatrice nigérienne du studio d’architecture Atelier Masōmī, Mariam Kamara, a collaboré avec Yasaman Esmaili du Studio Chahar pour restaurer une ancienne mosquée Hausa qui était tombée en ruine, en y ajoutant un espace communautaire et une bibliothèque.

Les briques de terre comprimée constituent la majeure partie du bâtiment et les matériaux proviennent principalement d’un rayon de 5 km autour du site, dans le village de Dandaji.

Pour M. Dalbai, le projet est particulièrement impressionnant en raison du mélange harmonieux de l’ancien et du nouveau.

« C’est clairement un bâtiment contemporain qui est profondément ancré dans la tradition nigérienne », a déclaré l’architecte allemand à la BBC. « Non seulement sur le plan culturel, mais aussi sur le plan technique, car il s’appuie sur des techniques de construction et des matériaux traditionnels anciens. »

4) Centre des visiteurs de Maropeng, Afrique du Sud – 2006

Connu comme le site du patrimoine mondial du berceau de l’humanité, Maropeng est un centre de visiteurs ultramoderne conçu pour aider les gens à s’informer sur le développement précoce de l’homme moderne.

Cette structure emblématique a été conçue par les cabinets sud-africains GAPP Architects et MMA Studio.

Le bâtiment lui-même ressemble à un monticule funéraire émergeant de la terre dans un design qui semble véritablement intégré à la nature.

5) Pyramides de Meroë, Soudan – 300 avant J.-C.

Les plus anciennes entrées du guide sont ces pyramides à degrés, qui datent de 3 000 ans avant Jésus-Christ, situées à environ 200 km de Khartoum, la capitale du Soudan, à Meroë, dans la vallée du Nil.

Ce site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco était autrefois la capitale de l’ancien empire koushite et les fouilles ont révélé les vestiges de palais, de temples et de thermes royaux.

Les pyramides de ce site funéraire ont été construites avec des blocs de grès, tandis que des reliefs élaborés sont gravés à l’intérieur.

6) Maisons basotho, Lesotho – date inconnue

Au Lesotho, le « litema » est une décoration murale comprenant des éléments de gravure, de mosaïque et de relief sur les façades des maisons. Construite en briques de terre et en plâtre, cette maison est peinte dans les couleurs traditionnelles de l’ocre rouge pour symboliser le sang de la fertilité et du sacrifice, du blanc pour représenter la pureté et la paix, et du noir pour faire référence aux ancêtres et à la promesse de pluie symbolisée par les « nuages de pluie sombres ».

« Les maisons basotho m’ont toujours intéressé par la façon dont elles se détachent dans le paysage – l’utilisation des couleurs et des formes géométriques », explique Mukasa.

« J’ai toujours trouvé intéressant que les gens utilisent ce qui les entoure pour transformer une structure rudimentaire en une œuvre d’art. »

7) Bibliothèque Kenneth Dike, Nigeria – 1954

Cette bibliothèque est souvent citée comme l’une des œuvres clés de ce que l’on appelle le « modernisme tropical ».

Elle a été construite à une époque où les brise-soleil à motifs étaient de plus en plus populaires, s’inspirant de l’utilisation par l’architecte franco-suisse Le Corbusier du « brise-soleil » – une caractéristique architecturale d’un bâtiment qui réduit la chaleur à l’intérieur d’un bâtiment en déviant la lumière du soleil.

Le bâtiment a été conçu par Maxwell Fry et Jane Drew, qui étaient des pionniers du mouvement moderne en Angleterre. La bibliothèque fait partie du campus de l’université d’Ibadan – fondée par les autorités coloniales britanniques en 1948 – et est devenue un modèle influent pour l’architecture sensible au climat dans la sous-région.

8) Grande Mosquée de Djenné, Mali – 13ème siècle

Monument de l’Islam, la Grande Mosquée est la plus grande structure construite en terre au monde. La mosquée est un symbole de la ville de Djenné, qui a prospéré comme centre de commerce entre 800 et 1250.

Les murs lisses et sculptés de l’édifice sont construits avec des briques de terre cuites au soleil, du mortier à base de sable et de terre et une couche de plâtre.

Chaque année, les habitants de la ville refont ensemble le crépissage de la mosquée au cours d’un événement d’une journée connu sous le nom de Crépissage de la Grande Mosquée.

9) Palais de l’empereur Fasilides, Éthiopie – début du 17e siècle

Ce palais est situé dans la ville de Gondar, au nord de l’Éthiopie, dans une enceinte fortifiée connue sous le nom de « Fasil Ghebbi » (enceinte royale).

Le site comprend une vingtaine de palais, de bâtiments royaux, d’églises, de monastères et de bâtiments uniques décorés de façon élaborée.

La conception de ces bâtiments a été influencée par le style baroque apporté à Gondar par les missionnaires jésuites.

10) Chapelle dominicaine, Nigeria -1973

L’artiste Demas Nwoko mélange des éléments sculpturaux et la modernité avec un style d’architecture vernaculaire nigérian dans cette chapelle dominicaine réimaginée à Ibadan.

La structure intègre des caractéristiques telles que des colonnes en bois sculpté et un travail métallique élaboré sur les balustrades et les portes.

Selon Mukasa, elle a marqué une rupture radicale avec le mouvement moderniste qui s’était imposé sur le continent africain, en faveur d’un moyen d’expression « local et dérivé de la culture locale ».

11) Grande Mosquée, Bénin – 1912-1935

Cette mosquée située à Port-Novo, la capitale du Bénin, est un exemple frappant d’architecture afro-brésilienne construite dans le style des églises des XVIIe et XVIIIe siècles dans l’État de Bahia, au nord-est du Brésil. La palette de couleurs jaune vif, marron, vert et bleu rappelle l’architecture historique de Bahia.

Située le long de la côte ouest-africaine, cette mosquée est l’une des nombreuses mosquées afro-brésiliennes construites au début du XXe siècle par des descendants d’esclaves libérés qui sont revenus au pays.

« Elle montre les nombreuses couches propres au patrimoine architectural de l’Afrique de l’Ouest – les connexions intercontinentales entre l’Europe, l’Amérique du Sud et la côte ouest-africaine dans la baie du Bénin à une époque où les échanges étaient nombreux », déclare Dalbai.

12) Centre d’interprétation de Mapungubwe, Afrique du Sud – 2009

Situé dans un paysage rocheux au sein du parc national de Mapungubwe, ce centre a valu à l’architecte sud-africain Peter Rich le prix du bâtiment de l’année 2009 au Festival mondial d’architecture.

Ce projet célèbre est construit selon « une technique de voûte oubliée depuis longtemps, que les maçons d’Afrique du Nord ont apportée en Catalogne et qui a été utilisée par des architectes tels qu’Antoni Gaudi », selon Peter Rich.

Les briques de boue ont été formées en utilisant la terre du site de construction et seulement 5 % de ciment supplémentaire pour créer un mélange d’argile.

Le titre est de la rédaction

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