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Le siège du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, à Genève.
© Wikimedia commons
Le siège du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, à Genève. © Wikimedia commons

Violences aux Kasaï en RDC : l’enquête piétine à cause d’un compromis difficile à trouver

Des enquêteurs internationaux vont-ils ou non se rendre aux Kasaï ? C’est le débat qui agite en ce moment le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. Les 47 pays membres ont jusqu’à vendredi prochain pour trancher cette question, mais ont du mal à se mettre d’accord. Au point que vendredi 16 juin deux projets de résolution, l’un soutenu par les pays africains, l’autre par les pays européens, ont été soumis à Genève.

Les deux propositions pouvaient difficilement être plus éloignées. Dans un cas, une condamnation générale de la violence en RDC, qu’elle soit le fait des autorités ou des milicens Kamuina Nsapu. Et une simple requête à la mission de l’ONU et au bureau des droits de l’homme à Kinshasa d’apporter une assistance logistique et matérielle aux autorités congolaises dans leurs enquêtes sur la région des Kasaï. C’est la proposition a minima déposée par le groupe des pays africains.

La seconde proposition, soutenue par les Etats européens cette fois, est à l’opposé : une condamnation très forte de toute incitation à la violence ethnique et des violations des droits de l’homme commises dans les Kasaï depuis août 2016. Et un rappel que l’Etat congolais est le premier responsable de la sécurité de ces citoyens sur son territoire. Ce projet de résolution regrette également que l’Etat congolais ne collabore pas mieux avec l’ONU au Congo pour conduire ces enquêtes. Résultat, pour les pays européens, il faut une mission internationale pour enquêter pendant un an sur les violations des droits de l’homme commises dans les Kasaï et la quarantaine de fosses communes.

Deux projets de résolution qui révèlent la difficulté des 47 pays membres à trouver un compromis. C’est tout l’enjeu des discussions qui vont reprendre lundi : trouver une formule avec laquelle Kinshasa serait d’accord. Car sans l’approbation de la RDC les enquêteurs ne pourront pas se rendre sur le terrain et leur mission serait extrêmement limitée dans sa capacité à établir la vérité.

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