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Joshua Osih
Joshua Osih

Présidentielle au Cameroun : pourquoi l’idée d’un candidat unique divise l’opposition ?

Si le SDF refuse toute alliance à défaut d’avoir Joshua Osih comme tête de file, les négociations entre les autres partis sont au point mort.

P our affronter et espérer battre le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à la prochaine élection présidentielle, certains partis de l’opposition songent depuis quelques temps, à former des coalitions. Le candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), pour le scrutin d’octobre, Maurice Kamto estime qu’une « candidature unique de l’opposition serait idéale ».

Sauf qu’au Social democratic front (SDF), l’hypothèse a été barrée de deux traits. Le parti de Ni John Fru Ndi n’envisage aucune alliance. Au contraire, si un parti veut s’associer au leader de l’opposition camerounaise, ce sera pour soutenir Joshua Osih, le candidat du parti de la balance. « J’aimerais ici, dissiper tout doute, que les gens peuvent égrainer, au passage pour l’élection qui arrive. En 1992, John Fru Ndi a gagné l’élection présidentielle, devant les traitres de l’opposition. Il ne faut pas que l’on vienne vous tromper en vous faisant croire que pour gagner l’élection présidentielle, il faut un candidat unique de l’opposition », a déclaré Joshua Osih, candidat du parti de Ni John Fru Ndi à la présidentielle 2018, affirmant sa prééminence sur les autres leaders des partis de l’opposition, en meeting le 30 avril dernier à Mbouda, région de l’Ouest.

Mais l’idée de ne faire aucune alliance avec les autres partis politiques a été adoptée une semaine plus tôt, lors d’une session du Comité exécutif national (NEC) du SDF, le 21 avril 2018. Au cours de cette réunion élargie à l’ensemble des élus dudit parti, le SDF a écarté l’option d’une coalition avec le MRC de Maurice Kamto, par exemple. « Le SDF est la principale formation politique de l’opposition et il n’acceptera aucune coalition avec un candidat d’une autre formation politique qui viendrait avec l’intention d’être le candidat de la coalition. Et donc, c’est soit vous vous alliez au SDF et soutenez son candidat, soit vous ne demandez aucune coalition », dit-on dans les rangs du SDF. « L’opposition camerounaise, poursuit Joshua Osih, c’est celle qui est devant vous aujourd’hui. Et cette opposition, a un seul candidat qui vous parle. Si d’autres veulent nous accompagner au pouvoir, ils sont les bienvenus. Nos portes sont grandement ouvertes. Ceux qui ne veulent pas nous accompagner, seront dans notre opposition dès novembre ».


Akere favorable, mais…

De son côté, Akere Muna, candidat de la Plateforme pour la Nouvelle République, s’est dit prêt, à rallier une candidature unique, à condition que ce soit le meilleur profil. Or, au fond, pense-t-il vraiment qu’il puisse avoir meilleur profil que lui ? Difficile de répondre par l’affirmative. Quand on sait que l’ancien bâtonnier s’est toujours considéré comme l’homme de la situation, le seul (ou presque) qui soit à même de trouver des solutions aux problèmes des Camerounais en général, et à la longue crise qui continue de paralyser les régions dites anglophones du pays (Nord-Ouest et Sud-Ouest).

« Il serait souhaitable que Paul Biya passe le relais », a affirmé cet originaire du Nord-Ouest au moment d’officialiser sa candidature à la présidentielle d’octobre. « L’état de mon pays m’incite à vouloir faire partie de la solution, poursuit l’avocat et ancien vice-président mondial de l’Organisation non gouvernementale, Transparency International. Depuis deux décennies, j’ai beaucoup travaillé sur la gouvernance, l’économie, mais aussi l’Etat de droit. Me présenter est la seule façon de partager mon expérience au bénéfice des Camerounais ».

© Défis Actuels : Arthur Wandji

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