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Le secteur informel emploie une grande majorité des travailleurs en Afrique.
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Le secteur informel emploie une grande majorité des travailleurs en Afrique. © DR

Pourquoi le secteur de l’informel domine-t-il l’économie mondiale ?

Selon l’Agence pour l’emploi des Nations unies, plus de 61 % de la population active mondiale gagnent leur vie dans le secteur informel. L’Afrique n’échappe pas à cette réalité.

Bien que le secteur informel soit en principe dans une zone grise quant aux données le concernant, un voile vient de se lever à son propos du fait d’une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT). Premier enseignement : il pose problème quant à la protection des droits, mais aussi aux conditions de travail des deux milliards de personnes de la planète qui gagnent leur vie en y exerçant leurs activités. « La forte incidence de l’informel sous toutes ses formes a de multiples conséquences néfastes pour les travailleurs, les entreprises et les sociétés et constitue un défi majeur pour la réalisation du travail décent pour tous », a ainsi déclaré Rafael Diez de Medina, directeur du Département des statistiques à l’Organisation internationale du travail des Nations unies (OIT) à l’occasion de la Fête du travail, le 1er mai.

Enfin une étude chiffrée sur le secteur informel

Pour faire une telle affirmation, il s’est appuyé sur les résultats révélés dans le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) intitulé « Les femmes et les hommes dans l’économie informelle : une image statistique ». L’intérêt de cette étude réside dans le fait qu’elle fournit des estimations comparables sur la taille de l’économie informelle et un profil statistique du secteur, en utilisant des critères de plus de 100 pays. « Ayant réussi à mesurer cette dimension importante, désormais incluse dans le cadre des indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD), cela peut être considéré comme un excellent pas en avant, notamment grâce à des données comparables plus disponibles dans les pays », a poursuivi Rafael Diez de Medina.

Sur les traces des emplois informels

Selon le communiqué diffusé par l’ONU pour signaler cette étude, l’importance de l’impact du secteur informel dans la masse d’emplois est frappante selon les continents. Ainsi en Afrique, 85,8 % de l’emploi est informel. La proportion est de 68,2 % en Asie et dans le Pacifique, de 68,6 % dans les États arabes, de 40 % dans les Amériques et d’un peu plus de 25 % en Europe et en Asie centrale. Au total, 93 % de l’emploi informel dans le monde se trouvent dans les pays émergents et en développement.

Le rapport a également constaté que l’emploi informel est une source d’emplois plus importante pour les hommes (63 %) que pour les femmes (58,1 %). « Sur les deux milliards de travailleurs informels dans le monde, un peu plus de 740 millions sont des femmes », a déclaré l’OIT, notant qu’elles travaillent principalement dans l’économie informelle dans la plupart des pays à revenu faible et intermédiaire.

Élément important : l’éducation est apparue comme un facteur majeur affectant le niveau d’informalité, notant que lorsque le niveau d’éducation augmente, le niveau d’informalité diminue. « Les personnes qui ont achevé leurs études secondaires et tertiaires sont moins susceptibles d’occuper un emploi informel que les travailleurs qui n’ont pas d’éducation ou n’ont pas terminé leurs études primaires », a déclaré l’OIT. En outre, les personnes vivant dans les zones rurales sont presque deux fois plus susceptibles d’occuper un emploi informel que celles vivant dans les zones urbaines, ajoute le rapport.

Citée par la Pana, Florence Bonnet, l’une des auteurs du rapport, a indiqué que « les données sur ces questions sont cruciales pour concevoir des politiques efficaces ». « Pour des centaines de millions de travailleurs, l’informalité signifie un manque de protection sociale, de droits au travail et des conditions de travail décentes et pour les entreprises, une faible productivité et un manque d’accès au financement », a-t-elle conclu.

 

Par Malick Diawara

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