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Un dépôt de pétrole en feu à Ras Lanouf en 2016

© STRINGER / AFP
Un dépôt de pétrole en feu à Ras Lanouf en 2016 © STRINGER / AFP

Le maréchal Haftar tient l’essentiel de la manne pétrolière libyenne

Comment va la Libye ? Cahin-caha pourrait-on répondre. Le pays est toujours coupé en deux, entre gouvernement de Tripoli reconnu par l’ONU, et le gouvernement autoproclamé du maréchal Haftar à l’Est. Ce dernier, un moment affaibli, se renforce après avoir chassé le groupe État islamique. Surtout, il tient l’essentiel de la manne pétrolière, en cours de reconstitution.

Juillet 2017: en Libye, «le secteur pétrolier connaît une nette embellie», écrit Jeune Afrique. Mustafa Sanalla, le président de la Compagnie nationale du pétrole (NOC), présente même un plan ambitieux de hausse de la production. Elle doit passer de moins d’un million de barils à ce jour, à plus de 2,2 millions en 2023. Petit rappel: sous Kadhafi, la Libye produisait 1,6 million de barils par jour.

Trois mois plus tard, patatras! Le 1er octobre 2017, le champ d’Al-Sharara, à l’ouest du pays, à peine rouvert après deux mois de blocage, est de nouveau fermé. Les milices armées font ainsi régulièrement pression sur le pouvoir de Tripoli en fermant les oléoducs. «C’est désormais notre seule occupation, 7j/7 et 24h/24: résoudre les problèmes causés par des groupes qui trouvent toujours une excuse pour perturber la production», explique… Mustafa Sanalla! Car le gouvernement d’union nationale installé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale ne peut compter que sur les revenus des champs pétroliers de l’Ouest, Ghadamès et Mourzouk.

Et Mustafa Sanalla présente la facture de la fermeture du champ. Un manque à gagner de 308 millions de dollars, selon le président du NOC. La Tribune reprend une information de la Banque centrale de Libye qui s’inquiète du niveau des recettes pétrolières: 8,6 milliards de dollars au lieu des 12,6 prévus.

Fayez al-Sarraj Khalifa Haftar
La poignée de mains entre Fayez Sarraj, président du conseil libyen, et le Maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne, le 31 janvier 2016, dans la localité d’Al-Marj située à 80 km de la ville portuaire de Benghazi. © STRINGER/LIBYAN ARMED FORCES MEDIA OFFICE/AFP

Le pétrole est la source essentielle de l’économie libyenne. Les factions s’entredéchirent pour prendre le contrôle des champs pétroliers, des raffineries ou des terminaux portuaires du pays. Des milices ferment des vannes, d’autres les rouvrent. A certains endroits, la production est interrompue en raison de combats entre groupes. Qui tient le pétrole, tient les cordons de la bourse en Libye. Et avec l’argent du pétrole, il possède un atout majeur pour la victoire finale.

A ce petit jeu, le maréchal Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, a une sérieuse avance. Il a progressivement pris le contrôle du croissant pétrolier (la côte du golfe de Syrte où se concentrent 60% de la production libyenne). Non sans mal du reste. En mars 2017, un groupe armé, la Brigade de défense de Benghazi, lui contestait ses récentes conquêtes notamment le port  pétrolier de Ras Lanouf.

Mais aujourd’hui, Khalifa Haftar a repris l’avantage. Après avoir chassé Daech de Benghazi, la grande ville de l’Est, il a fait rouvrir en grande pompe le port de la ville. Le 1er octobre, un premier cargo y est rentré. Coup de bluff? Signe d’une réelle pacification? Il est trop tôt pour le dire. Mais incontestablement, Haftar semble bien être le roi du pétrole!

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