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Gabon: filouterie constitutionnelle sous fond de disparition du président Ali Bongo!

Alors que les Gabonais et leurs partenaires sont sans nouvelles du président de la république Ali Bongo Omdimba, depuis l’annonce d’une fatigue, tantôt « légère » tantôt « sévère » qui l’a immobilisé depuis 3 semaines alors qu’il se trouvait à une conférence économique à Riyad en Arabie Saoudite, la Cour Constitutionnelle que préside dame Marie Madeleine Mborantsuo aurait décidé hier nuit d’autoriser le Vice Président de la république à convoquer et présider le Conseil des ministres. Auparavant le premier ministre avait en effet saisi cet organe constitutionnel à cette fin.
Nous donnons cette information au conditionnel parce que tôt ce matin, la BBC, radio publique anglaise, avait diffusé l’extrait d’une bande sonore annonçant plutôt le constat par la même Cour d’une vacance à la tête de l’état. Selon la dite bande dans laquelle s’exprimait pourtant un porte-parole de la Cour Constitutionnelle, la haute juridiction avait autorisé la Présidente du Sénat d’assurer l’intérim du président de la république, conformément aux dispositions de la Constitution gabonaise.

La Cour Constitutionnelle n’est ni le parlement ni le peuple!

En son article 13 en effet, la loi fondamentale gabonaise stipule qu’en cas d’empêchement du président de la république, « pour quelque raison que ce soit », la Cour Constitutionnelle saisie par le Gouvernement constate la vacance et habilite le président du Sénat à prêter serment pour assurer l’intérim jusqu’à l’élection du nouveau président de la république. Cette élection se tient au cours d’un scrutin où il (ou elle) ne peut être candidat.
Alors que la Constitution gabonaise est ainsi sans ambiguïté, l’on a découvert au petit de ce 15 novembre 2018 qu’en pleine nuit la même Cour, alléguant de l’insuffisance dudit article pour répondre à la demande du premier ministre d’autoriser le Vice Président de convoquer et présider un Conseil des ministres, l’aurait modifié et complété à cette fin. Ainsi, alors que la prérogative de la modification de la Constitution gabonaise appartient, d’initiative présidentielle où parlementaire, après avis de la Cour, appartient concurremment au président de la république et au parlement qui la font adopter soir par les deux chambres du parlement réunies en congrès ou par le peuple par voie de référendum, Mme Mborantsuo – et les siens? – ont décidé d’un coup de crayon et dans leur bureau de la modifier! Au motif de donner ainsi suite à la demande du premier ministre. Or, selon la même loi fondamentale, notamment en son article 17, seul le président de la république peut déléguer au vice président ses pouvoirs de présider le Conseil des ministres.
Autant à Libreville que sur la blogosphère gabonaise, c’est à un véritable scandale que crient les Gabonais en général, les membres de l’opposition et de la société civile en particulier. Les premiers crient deja au « coup d’État constitutionnel ».

ABO porté disparu!
Et nul ne sait où ils s’arrêteront. « Car, analyse une constitutionnaliste gabonais, il suffisait pourtant au premier ministre de se rendre au chevet du président Ali Bongo Omdimba – dont Mme Mborantsuo et les membres présumés de la Cour Constitutionnelle disent dans la motivation de leur décision querellée qu’il est indisponible « temporairement » – pour obtenir la délégation/habilitation nécessaire pour permettre à son vice d’assurer la continuité de l’état notamment la convocation du Conseil des ministres et le fonctionnement régulier des services publics.
Pour nombre d’observateurs, l’option de tordre la Constitution depuis Libreville pourrait être une indication pertinente de l’état préoccupant du président Ali Bongo Omdimba que personne d’autre que sa proche famille n’a vu depuis ni ne serait autorisé à voir ni contacter. In fine, la manoeuvre politico-institutionnelle en cours à Libreville sous fond de filouterie constitutionnelle viserait un objectif principal: donner le temps au serail gabonais pour négocier et régler la succession de son timonier avant de prendre les décisions définitives qui s’imposeraient forcément.
EN rappel, au Gabon, les conseils des ministres se tiennent au moins une fois par mois. Suffisant pour que l’absence prolongée du président qui doit les convoquer et les présider rajoute aux rumeurs les plus folles.
C’est en effet depuis le 24 octobre 2018 que, prenant part à Riyad à une conférence économique, Ali Bongo Omdimba a, selon des sources dignes de foi, fait une chute grave. Depuis lors, soit trois semaines déjà que ça dure, il n’a pas été aperçu ni en public ni même dans sa résidence de fonction. On le dit tantôt hospitalisé tantôt en convalescence sans qu’aucune image ne vient rassurer les Gabonais et les amis de cet État pétrolier d’Afrique centrale.
Alex Gustave AZEBAZE

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