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Au salon Viva Tech, le 16 juin 2017 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Au salon Viva Tech, le 16 juin 2017 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

France : le salon Viva Technology a mis Paris en orbite sur la planète web

Les PDG de Facebook, Uber, Microsoft ou IBM débarquent à Paris : ils seront les têtes d’affiche du salon Viva Technology, créé par Maurice Lévy, le PDG de Publicis. Récit d’une opération réussie.

Maurice Lévy, le PDG de Publicis, et fondateur du salon « Viva Tech » peut dire merci à l’élection de Donald Trump ! Si l’homme d’affaires n’avait pas été élu, si divers scandales sur les manipulations des électeurs n’avaient pas mis en cause les pratiques de Facebook dans la foulée, son PDG star Mark Zuckerberg n’aurait pas ressenti le besoin de se lancer dans un grand plan international de communication. Et coup de chance, entre une visite aux parlementaires européens et un dîner avec le président Macron, il a trouvé une occasion de faire parler un peu plus positivement de Facebook : il sera l’invité d’honneur de « Viva Technology », qui se tient de jeudi à samedi à la porte de Versailles.  Impossible de trouver une plus belle tête d’affiche en ce moment.

C’est  d’ailleurs un signe des temps pour le centre des congrès de la Porte de Versailles : l’automne s’annonce morose pour le Mondial de l’automobile, avec de plus en plus de constructeurs qui annulent leur venue (dernier en date, Volkswagen), mais le printemps étincelle pour le monde du numérique. « Viva Tech » attire donc à Paris – et par ricochet mercredi soir, dans les salons de l’Elysée –  des grand noms du monde digital, comme les PDG de Uber, IBM ou Microsoft.

« The place to be »

Pour sa troisième édition seulement, le salon est bien parti pour faire de Paris une des étapes obligatoires de ces grands Barnum internationaux, qui permettent à la planète web de se retrouver. C’est pourtant un secteur très encombré où toutes les grandes villes tentent d’exister. Las Vegas et son fameux CES en janvier, est la capitale mondiale incontestée des événements tech. En Europe, le « Mobile world congress » de Barcelone reste encore en tête du peloton. Mais derrière, Paris a largement rattrapé son retard sur des événements aussi important que le Slush d’Helsinki ou le Web Summit de Lisbonne. Alors comment cette aventure s’est-elle mise en place ?

Derrière ce succès, il y a d’abord un homme de poids, Maurice Lévy. Le salon est son bébé : « C’était son ambition de faire de Paris ‘the place to be’ pour le monde numérique », se rappelle Béatrice Mandine, la directrice de communication d’Orange, qui lui a donné d’emblée son accord pour faire partie des fondateurs, aux côtés de la BNP-Paribas et La Poste. Quoi de mieux pour Publicis que d’être aux commandes d’un événement permettant à ses clients, ou futurs clients, de communiquer, tout en mettant la France au centre des débats, en faisant plaisir à l’Elysée et en donnant un coup de neuf à sa propre image ?

Maurice Lévy avait goûté aux plaisirs de la tech en organisant à l’arraché un premier sommet des géants du digital, à la demande de Nicolas Sarkozy. C’était en 2007, lors du sommet des huit pays les plus puissants de la planète, le G8 de Deauville. La France avait choisi de mettre en avant ses ambitions numériques, même si dans les faits, le pays n’était pas – et n’est toujours pas – aussi développé sur ce plan que ses principaux concurrents comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Maurice Lévy avait bien mis sur pied une opération de communication destinée à mettre en valeur Sarkozy. Cet « e-G8 » se tenait à Paris dans le jardin des Tuileries, et il avait déjà été récompensé par la venue de Marc Zuckerberg, jeune star incontestée de ce monde à l’époque. Maurice Lévy avait alors fait une promesse : celle de transformer l’événement exceptionnel en rendez-vous annuel. Mais l’affaire lui a pris plusieurs années. Il a dû notamment attendre qu’une autre conférence concurrente, celle de « LeWeb », créée par Loïc le Meur, qui attirait  beaucoup de grands noms de la Silicon Valley, s’arrête.

Google et LVMH

C’est donc seulement en décembre 2015 que Maurice Lévy repart à l’assaut, avec l’ambition de lancer sa première édition pour le mois de juin. Il se dote d’un concept : Viva Technology ne sera pas seulement un rassemblement, mais un lieu de mise en contact entre grandes entreprises et start-up. Cela n’existe pas encore. Les grandes entreprises ont les moyens de payer, et la curiosité de mieux connaître ce nouvel univers qui menace à tout moment de venir empiéter sur leur territoire et de les « disrupter ». En prime, il y aura une journée grand public, qui permettra d’attirer les jeunes, et notamment les futurs ingénieurs, denrée rare sur le marché de l’emploi.

Six mois pour mettre sur pied un salon et se faire une place dans l’agenda des PDG ? Théoriquement, c’était impossible. « La plupart des sponsors contactés était d’ailleurs dubitatifs… », se rappelle Béatrice Mandine chez Orange. Mais entre la pertinence du concept, la force du réseau Publicis, et l’aide de son associé, Francis Morel, alors PDG du groupe de presse « les Echos-Le Parisien », les choses avancent vite. Et plus encore quand deux poids lourds rejoignent les deux hommes : le géant Google, qui leur ouvre les portes de la Silicon Valley, et qui fera venir son PDG Eric Schmidt, et LVMH, le géant du luxe français, propriétaire des « Echos » et embarqué dans sa mutation numérique.

Le premier Viva Technology arrive à séduire 45.000 visiteurs en 2016. L’an dernier, le seconde édition passe à 68.000 visiteurs et atteint l’équilibre financier. La troisième vise encore plus gros : avec la venue de Marc Zuckerberg et le dîner « Tech for good », qui se tient à l’Elysée, tout est en place pour attirer les foules professionnelles le jeudi et le vendredi, et le grand public le samedi. Les organisateurs espèrent atteindre les 100.000 entrées (compter 20 euros le ticket pour adultes et 10 euros pour les jeunes). De quoi amortir un investissement très important : Publicis et « les Echos » mettent 20 millions d’euros dans cette organisation : « Nous avons visé gros tout de suite et dépensé beaucoup pour qu’on nous remarque. C’est une des clés du succès », expliquent Julie Ranty et Maxime Baffert, les deux responsables du salon.

Juteuses rencontres

Alors que se passera-t-il sur place ? « Nous présentons tout ce qui se passe dans le numérique : start-up, investissements, intelligence artificielle… La France est dans le peloton de tête européen et nous en témoignons », expliquent Julie Ranty et Maxime Baffert.

« Les PDG des grands groupes sont demandeurs d’informations : 45% des grandes entreprises français ont créé des ‘incubateurs’ pour aider le développement des start-up, alors que seules 35% des grandes entreprises britanniques ont fait la démarche, par exemple. »

Si une petite entreprise se fait remarquer par une grande, c’est le jackpot assuré : la start-up Euritech avait ainsi séduit LVMH lors du dernier salon, et elle travaille maintenant sur les sites du groupe. Les réveils olfactifs de Sensorwake, repérés par Accor, débarquent dans des hôtels Mercure. Quant au grand public, il pourra découvrir des innovations encore jamais présentées. L’an dernier, le bateau volant Sea Bubble avait fait une démonstration. Cette année, des taxis volants autonomes seront au programme, ainsi que des robots, un ordinateur quantique et de la réalité virtuelle. Et pour les curieux, 20 pavillons présentent les start-up du monde entier : aussi bien européennes, mais aussi africaines et asiatiques.

Claude Soula

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