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Mebe Ngo'o
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Corruption au Cameroun : la justice osera-t-elle interpeller Mebe Ngo’o

Certains observateurs questionnent le maintien en liberté de l’ancien ministre des Transports. Ce qui, pensent-ils, pourrait faire la mauvaise publicité de Paul Biya lors de la prochaine élection présidentielle.

La sortie du gouvernement du natif de Zoétélé, le 02 mars 2018, lors du réaménagement de l’équipe gouvernementale par le chef de l’Etat, a été saluée dans son arrondissement plus que nulle part ailleurs au Cameroun. Pour remercier le chef de l’Etat, pour son geste, les populations de Zoétélé qui souffraient de l’omnipotence de Mebe Ngo’o avaient même confectionné des tee-shirts pour célébrer l’évènement.

Les rumeurs de la mise aux arrêts de l’ancien ministre des Transports, qui ont inondé l’opinion après ce limogeage, ont installé un climat d’euphorie dans l’arrondissement où l’hypothèse d’une détention de Mebe Ngo’o pour des crimes économiques était prématurément considérée comme une victoire contre le mal des fils et filles de Zoétélé et même des populations de l’ensemble du département du Dja-et-Lobo.

Mais alors que la rumeur mettait Mebe Ngo’o et Basile Atangana Kouna dans un même wagon pour la prison centrale de Yaoundé, seul l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, qui a été très vite rattrapé dans sa tentative de fuite, a été conduit comme un vulgaire malfrat au pénitencier de Kondengui. Edgard Alain Mebe Ngo’o n’est pas seulement en liberté, mais, il retrouve son exubérance et son exhibitionnisme qui recommencent à ulcérer les populations de Zoétélé et tous les Camerounais qui souhaitent le voir rejoindre la prison centrale de Yaoundé où sont depuis plusieurs années, déjà camer.be, tous ses complices de l’illisible affaire albatros. Au sein d’une opinion nationale stupéfiée, nombreux sont les Camerounais qui redoutent de la mise aux arrêts de Edgard Alain Mebe Ngo’o.

Ce fut le cas de Jean Pierre Biyiti Bi Essam, nommé ambassadeur du Cameroun en Israël, pourtant son dossier reste pendant au Tribunal criminel spécial. Mebe Ngo’o qui est l’un des hommes les plus détesté du pays pourrait lui aussi bénéficier du soutien des lobbies de pressions qui vampirisent le pouvoir de Paul Biya, pour échapper définitivement à la justice à travers une nomination qui lui garantirait une immunité.

Répercussions politiques

Dans les rues de la capitale, les Camerounais qui évoquent le cas Mebe Ngo’o, sont désabusés et même remontés contre le Tribunal criminel spécial, la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’opération épervier qu’ils accusent de discriminations dans la traque des délinquants économiques. Au fur et à mesure que s’approche le mois d’octobre qui est celui de la tenue probable de l’élection présidentielle, la mise aux arrêts de Mebe Ngo’o devient une condition de soutien au chef de l’Etat pour des millions de Camerounais en général et pour les populations de l’arrondissement de Zoétélé en particulier qui dénoncent la loi de deux poids, deux mesures.

Elles ne cachent plus que le candidat naturel du Rdpc pourrait pâlir du maintien en liberté de Mebe Ngo’o. Celui-là que certains n’hésitent plus à considérer non seulement comme une injustice, mais surtout, la conséquence d’un trafic d’influence à coloration tribale. Si la situation de Mebe Ngo’o cristallise des frustrations, elle n’est pas la seule que dénonce l’opinion qui s’étonne que les punitions contre quelques délinquants économiques présumés, puissent se limiter aux retraits de leurs passeports.

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