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Cameroun : Présidentielle 2018 , Les hommes de Marafa se mobilisent

Ils multiplient réunions et concertations ces derniers temps à Yaoundé, dans la perspective du lancement du parti qui devrait investir l’ex-secrétaire général de la présidence de la République à la prochaine élection présidentielle.

Une réunion tenue il y a quelques jours au Djeuga hôtel de Yaoundé n’a pas échappé à la curiosité des fins limiers des renseignements. El Hadj Ahmadou Bouba – délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Garoua, Mamouda Ali – député à l’Assemblée nationale, un responsable de la Dgre et certaines personnalités dont les identités restent inconnues, prenaient part à un échange très cordial. Une concertation qui ressemblaient, à plusieurs égards, à une précédente organisée quelque jours plus tôt à l’hôtel des dé- putés de Yaoundé, et à laquelle auraient participé, selon des notes indiscrètes, un certain Badjika Ahidjo et un blanc, présumé Français dont on ignore jusque-là l’identité et le rôle qu’il est appelé à jouer. Parallèlement, des missions sillonnent certains milieux Rdpc de tout le septentrion pour convaincre certains présidents de section de démissionner en masse en faveur du futur parti qui sera bientôt lancé.

C’est le cas à Garoua où deux présidents de sections auraient manifesté leur répugnance après cette consultation jugée séditieuse. Suffisant pour les fins limiers des renseignements et les observateurs avertis pour voir derrière cet activisme pernicieux, l’image cachée de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République – Marafa Hamidou Yaya, qui purge une peine d’emprisonnement de 25 ans de prison derrière les barreaux, mais dont personne n’ignore les intentions présidentialistes bien affirmées. Et pour cause, les têtes de proue de cet activisme politicien ne sont autres que des personnalités reconnues comme des proches de l’ancien homme fort de Garoua. Certains ne se privent pas de l’avouer en coulisses, bien que continuant à arborer la tenue du parti au pouvoir – le Rdpc. Sur l’obstination de présenter la candidature de Marafa à la prochaine élection présidentielle, on évoque dans cet entourage les exemples de Nelson Mandela, sorti de prison pour devenir président de la République d’Afrique du Sud, ou celui l’ancien président de l’Assemblée nationale du Niger, arrivé 2ème à l’élection présidentielle dans ce pays, qui a failli challenger le président réélu au 2ème tour du scrutin, malgré son embastillement dans une prison de Niamey.

L’épisode du 24 mars à Garoua Dans certains milieux Rdpc hostiles à cette incursion des hommes de Marafa, des observateurs croient percevoir les enjeux de cette agitation à court terme. L’objectif inavoué de la campagne en cours serait de provoquer un soulèvement populaire, particulièrement dans les milieux jeunes de Garoua, pour condamner l’arrestation et l’incarcération de Marafa, et rallier de nombreux militants Rdpc et Undp à la cause du « bagnard ». Toutefois, le plan machiavélique serait déjà inter cepté par les services des renseignements, et beaucoup d’observateurs se demandent comment vont-ils procéder pour créer ce nouveau parti que ne manquerait pas de suspecter la circonspection de n’importe quelle autorité administrative. En attendant, la commémoration de la fête anniversaire du Rdpc à Garoua le 24 mars 2016 avait déjà trahi les intentions insidieuses de quelques ténors du parti proches de Marafa dans le chef-lieu de la Bénoué, autour des cotisations et de la distribution des pagnes géné- reusement octroyés par une élite. Beaucoup de responsables du parti dénoncent la faible contribution du délégué du gouvernement pour le succès de cette fête populaire, 200 000 Fcfa dit-on, mais davantage son obstination à gérer les cotisations apportées par les autres. Malgré les contributions substantielles des élites, la mobilisation aura été très faible à Garoua à l’occasion de ce rendezvous.
« 62 militants par sections », lâchent quelques indiscrétions, dans l’optique de montrer que le Rdpc se meurt à Garoua du fait de l’absence de Marafa. Mais aussi dans le souci de gérer peu parcimonieusement ces contributions, avec la complicité de quelques présidents de section qui, au lieu de distribuer des pagnes aux militants avérés, préfé- raient les dissimuler pour les remettre à leurs proches. Et c’est justement ces pagnes, gracieusement offerts par le secrétaire général du ministère de l’Habitat et du Développement urbain qui a mis à nu l’antipathie de ces pro-Marafa à l’égard de ceux qui œuvrent pour la bonne marche du Rdpc dans la Bénoué. D’après des indiscrétions qui fusent autour de cet épisode du 24 mars 2016, le délégué du gouvernement de Garoua aurait tenté de convaincre certains militants de ne pas accepter les pagnes venant d’Ahmadou Sardaouna.

Pour lui, son fief se trouve être Garoua 2, et il ne comprend pas pourquoi il donnerait des pagnes jusqu’à Garouaa 1er alors qu’il est de notoriété que chacun peut remettre des dons à qui il veut. L’intervention de Mme Aïssatou au cours du meeting, reconnue comme un proche du Sg du Mindhu, qui a révélé le nom du donateur des pagnes, a suscité une salve d’applaudissements dans une salle restée muette à toutes les précé- dentes interventions. Et lorsqu’un griot a cru devoir chanter séance tenante des louanges en guise de remerciement à Ahmadou Sardaouna, qui n’était pas présent à la manifestation, l’extase était à son paroxysme, au grand dam de ses détracteurs manifestement agacés. Ce n’est pas la première fois que la générosité de Sardaouna à l’endroit des militants du Rdpc suscite le mécontentement de ceux qui sont identifiés à Garoua comme des « Marafistes ».

Le 8 mars 2016, alors qu’il avait envisagé remettre des pagnes de la Journée internationale de la femme aux militantes des 3 sections ofrdp de Garoua, une instruction du délégué du gouvernement avait interdit aux présidentes des sections concernées de réceptionner ce don. Comme si à travers cette diabolisation, on voulait déjà préparer ces militantes à tourner le dos au parti de la flamme ardente et d’adopter celui que ces hommes de Marafa s’attèlent actuellement à mettre sur pied.

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