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mercredi, décembre 2, 2020
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Cameroun: LES ÉLECTIONS POUR DES MIETTES

À quoi serviront les élections municipales et législatives du 9 Février 2020 ? Qui gagnera réellement quoi avec ces élections ? Le BDC-UC-UNC-RDPC au pouvoir et ses partis satellites (le SDF, le PCRN, …) ? Pourquoi le gouvernement Biya a tout fait pour que ces élections se tiennent ? Quels en sont les véritables enjeux pour la nouvelle situation politique qui s’annonce ?

UN CONTEXTE NATIONAL ET INTERNATIONAL DÉLICAT 
Lors de son adresse au peuple camerounais le 31 Décembre 2019, M.Biya a officiellement reconnu l’échec de son Grand Dialogue National en brandissant les menaces aux groupes armés et en promettant des mesures pour que les élections se tiennent effectivement dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Nous n’en serions pas là aujourd’hui si ce Dialogue avait atteint ses objectifs, car bien au contraire, la sale guerre fratricide continue avec son lot d’exactions, les officiels du régime ont besoin de lourds appareils militaires dissuasifs pour se déplacer dans ces régions, en même temps que persistent des souffrances humaines indescriptibles et l’incapacité de subvenir aux besoins des déplacés.

A) Les élections du 9 Février 2020. Une nécessité vitale pour le BDC-UC-UNC-RDPC
Avec une marge de manœuvres limitée et de plus en plus acculé par une situation nationale et internationale difficiles, le gouvernement camerounais est obligé de gagner du temps, d’assurer sur place en accomplissant ses tâches domestiques, afin de permettre à son patron français de prendre le relais au niveau international, dans une atmosphère de plus en plus défavorable au néocolonialisme français et encore plus fragilisée par sa situation économique et les revendications internes de sa population.
Dans ce contexte sans aucun danger, puisque gagnées d’avance, les élections municipales et législatives du 9 Février 2020 apparaissent donc pour le gouvernement camerounais comme une manœuvre de diversion, une magnifique bouffée d’oxygène, une merveilleuse occasion pour gagner du temps et desserrer l’étau des pressions nationales et internationales. En même temps, elles sont l’expression du renouvellement de l’allégeance de ses principaux partis satellites (SDF, PCRN, UNDP, FSCN, etc…).
Il est opportun de rappeler ici que la France rencontre de plus en plus d’obstacles dans sa politique de prédation des biens du continent africain. On voit bien les réticences des autres pays européens à se laisser embarquer dans l’aventure française. Les italiens ayant ouvertement montré leur hostilité, la sortie des britanniques de l’Union européenne ne va pas faciliter la tâche à la France même si l’Allemagne et la Belgique lui sont acquises d’avance. L’Allemagne à cause de son complexe historique lié à son passé nazi, tandis que la Belgique à cause de leurs crimes et complicités néocoloniaux liés à la décolonisation piégée de notre continent.

B) Bien au-delà du fait que ces élections sont largement gagnées d’avance par le BDC-UC-UNC-RDPC, qu’est-ce qui motive encore la participation du parti au pouvoir à ces élections ?
Pour les autres partis politiques, malgré tout ce qui se dit à gauche et à droite, la principale motivation pour la participation à ces élections est financière. Le Renouveau ayant transformé les politiques en véritables clochards et mendiants, ceux-ci ne devront leurs survies personnelles et celles de leurs formations politiques respectives qu’aux subsides gagnés grâce à ces élections, il s’agit donc ici d’une vulgaire répartition des restes du gâteau néocolonial où bien évidemment le BDC-UC-UNC-RDPC se servira la part du lion !
Mais pour le parti au pouvoir écartelé d’une part par l’insoluble Contentieux Historique National au Cameroun Occidental (crise anglophone) et une fin de règne incontournable, pour sa propre survie il est contraint à une reconfiguration politique du pays dans laquelle l’idéal pour lui serait une UPC inexistante.

C) Le vœu et la réalité : le PCRN à la place de l’UPC.
Il s’agit d’un vieil objectif de la France et de ses laquais nationaux, celui de tuer une fois pour toutes la mauvaise conscience de ce pays : l’Union des Populations du Cameroun. Après avoir créé ses UPC (Kodock, Bapooh, Baleguel, …) avec pour objectif non réussi de finir avec l’upecisme véritable, le gouvernement Biya voudrait passer maintenant à la phase finale, celle de l’extinction de l’UPC.
La méchanceté, la cupidité et l’ignorance faisant, le popcorn de Cabral Libii, le petit Ahidjo Bassa, a embrassé cette aventure suicidaire commencée par Ahmadou Ahidjo le sanguinaire, celle de tuer l’UPC en osant vouloir occuper la place de l’âme immortelle du peuple camerounais. 

Or toute lutte politique possède plusieurs dimensions : matérielle, historique et spirituelle. Le BDC-UC-UNC-RDPC ne vit et ne survit que grâce à sa dimension matérielle qui lui permet d’acheter les consciences et de gouverner avec l’argent du pays. Lorsqu’il perdra le pouvoir politique, on verra bien ce qu’il en restera. La force de l’UPC réside plutôt et surtout dans ses dimensions historique et spirituelle, avec ses centaines de milliers de morts et ses rivières de sang versé pour cette patrie. C’est pour cela que  » l’UPC plie mais ne rompt guère  » selon la belle expression du Président Ernest Ouandié (camarade Émile). 
L’UPC atomisée, vit et survit difficilement mais nous, les véritables upécistes, nous sommes debout, aujourd’hui encore plus qu’hier. Comme le phénix, nous renaissons toujours des cendres. Nous relèverons le défi !
La France et cet État camerounais savent combien ils ont dépensé et quels efforts ils ont fourni pour la liquidation complète de l’UPC, mais où en sommes-nous aujourd’hui ? 
L’indépendance et la réconciliation seront solennellement commémorées toutes les années dans ce pays et le Cameroun tout entier célébrera un jour avec dignité ses meilleurs filles et fils tombés pour lui ! Que ceux qui ont les oreilles entendent !

D) Quand certains camerounais manquent de dignité humaine
Pour justifier la non-valorisation de l’indépendance de notre pays, un fervent griot du régime, le professeur Mathias Éric Owona Nguini, comparant les situations politiques vécues actuellement en Algérie et en Angola, a estimé que l’UPC, pour s’être battue pour l’indépendance, ne serait pas meilleure que le BDC-UC-UNC-RDPC. Si pour le professeur il n’y aurait aucune différence entre les harkis et le FLN, au-moins ce qui se passe en Algérie tous les vendredis depuis plus d’un an devrait être une sérieuse matière à réflexion : le comportement des forces de défense et de sécurité de l’Algérie devant cette avalanche humaine ! Combien de morts et de blessés compte-t-on ? 

Au Cameroun, il suffit de quelques dizaines de personnes dans la rue pour une utilisation des armes à feu comme on a assisté le 29 Janvier 2020 dernier. Une paisible procession de paisibles professeurs endeuillés donne droit à des grenades lacrymogènes, à des jets d’eau chaude… Voilà où résiderait la différence entre un pays réellement indépendant et celui qui ne le serait pas. On voit dans l’exercice des mêmes fonctions d’un côté des forces de sécurité soucieuses de leurs populations, de l’autre des forces similaires à celles d’occupation qui ne font qu’opprimer…
Tenant compte des marges de manœuvre extrêmement limitées des conseillers municipaux et des députés dans ce contexte actuel, les populations du pays ne devraient rien attendre de ces « élus ». La paupérisation continuera et la grande majorité de la population continuera à vivre dans l’insalubrité et la précarité sans eau potable ni électricité.  
L’Alliance Patriotique a prôné le boycott des élections présidentielles. Elle maintient sa position de boycott de toutes les élections sans la solution du Contentieux Historique National et une révision de la loi électorale.

Avec son obstination à réaliser ces élections, le gouvernement prouve une fois de plus qu’il ne faudrait pas attendre de lui des solutions aux problèmes de ce pays. Face à cela, il ne reste qu’aux forces de Changement d’œuvrer pour la création d’une large Coalition capable de se doter des moyens à la hauteur des enjeux du pays.
Aux forces politiques d’exiger un véritable Dialogue National Inclusif dont les préalables sont :
Une Déclaration de cessez-le-feu par le gouvernement camerounais.
Une amnistie générale et inconditionnelle.

La libération de tous les prisonniers politiques, y compris ceux liés au Contentieux Historique National du Cameroun Occidental (crise anglophone)

Daniel Yagnye 
Président de l’Alliance Patriotique

Contact : apatriotique@gmail.com

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