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Cameroun: déclaration sur la responsabilité de la presse en temps de crise

Le Cameroun connaît, et les plus hautes autorités du pays le reconnaissent, une crise multidimensionnelle, dont les violences, les crimes, les destructions, les déplacements des populations, les privations d’éducation imposées aux enfants et les très nombreuses pertes en vie humaines, constituent les symboles forts.

Dans ce contexte, plusieurs autres soucis, qui font partie intégrale des causes du malaise social, politique et économique, sont à relever :

  • Le sentiment de l’échec, de l’abandon ou de la stagnation, des grands projets structurants qui avaient suscité beaucoup d’espoirs,
  • les échéances électorales, dont les dates et les conditions d’organisation divisent profondément la population
  • L’approfondissement de la pauvreté et le chômage massif des jeunes
  • Le maintien en activité et la continuité de nomination des séniors de plus de 70 ans
  • Les dérapages budgétaires et le sentiment de l’impunité presque généralisée pour les prédateurs qui empochent chaque mois plusieurs millions en salaires fictifs sur le fichier de la solde du Ministère des Finances
  • Les interprétations malveillantes, tendancieuses, provocatrices, vexatoires, choquantes et inappropriées de la crise dans les deux régions anglophones du pays.
  • L’absence complète entraînant le désespoir, de toute visibilité à court terme sur l’évolution du pays

Face à cette situation qui nous interpelle tous, la presse assume une lourde responsabilité historique, qui est d’abord celle de la vérité, de la culture du dialogue, de la tolérance et de l’engagement pour le rapprochement et la conciliation des diversités et des différences, pour le ménagement de notre image à l’extérieur, et enfin pour la préservation de nos rapports avec nos partenaires diplomatiques bilatéraux et multilatéraux.

Au lieu de cela, nous avons constaté avec regret, peine et consternation, une flambée de dérives qui ne peut s’expliquer, que par des manipulations intéressées. Il en est ainsi de la véritable vendetta lancée contre l’Ambassadeur des Etats Unis, contre certains candidats déclarés à l’élection présidentielle, et contre toutes les personnes qui essayent de faire preuve de lucidité, de pragmatisme et de clairvoyance.

 

Il en est également ainsi, quand le remplacement des Directeurs Généraux des Hôpitaux de dit de référence de Douala et de Yaoundé, pourtant en fin de carrière pour avoir atteint l’âge de la retraite depuis longtemps, donne lieu à des termes incohérents et humiliant pour les intéressés : débarqués ; démis ; chassés ; renvoyés au quartier ; candidat du TCS.

Par contre, la presse ne montre que très peu d’intérêt, pour une analyse profonde et structurée, quand les écoles sont incendiées, quand de jeunes soldats et policiers d’à peine 30 ans, meurent au front, quand certains faits de gouvernance frisent la ruine de la dignité de la nation, quand certaines entreprises privées ou personnalités privées, se livrent à des pratiques répréhensibles, esclavagistes nocives.

Le risque est devenu trop grand, que les médias nationaux deviennent les principaux vecteurs de la destruction et de l’activation du désordre, de la haine, de la guerre civile, tout cela à cause de l’argent, à cause de la misère et de la pauvreté d’un corps de métier victime consciente ou inconsciente tantôt de la mauvaise gouvernance, et tantôt de la baisse généralisée du niveau de formation, de professionnalisme et d’expertise de toute spécialité dans le pays.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination en appelle solennellement, à une responsabilisation positive de la presse pour sauver le Cameroun, pour éviter le pire au pays, car au Rwanda comme dans de nombreuses autres situations, c’est elle qui a allumé ou attisé le feu.

La Commission note qu’au Cameroun, il est dorénavant aisé de connaître la source et l’origine de chaque grand titre qui fait la UNE de la presse écrite, parlée et audiovisuelle, et quel est la personnalité qui instrumentalise.

La Commission en appelle également au sens de responsabilité, des hauts responsables, Membres du Gouvernement, Conseillers autour du Chef de l’Etat et du Premier Ministre, Directeurs Généraux, élus légitimes et illégitimes locaux et nationaux, membres des forces de l’ordre, qui alimentent ces appels à la haine en entretenant certains journalistes à coups de billets de banque distillés comme une perfusion à un grand malade. En effet les gains et les victoires d’aujourd’hui, pourraient devenir les poisons et les sources des malheurs de demain pour tout ce monde./.

 

Yaoundé, le 28 Avril 2018

LE MEDIATEUR UNIVERSEL

Président de la Commission

SHANDA TONME

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