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Mimi Mefo

Arrestation de Mimi Mefo: déclaration de la Comicodi

Déclaration

Pour la libération de MIMI MEFO

et contre les chantres de la haine

Le 7 novembre 2018 à 23 heures, MIMI MEFO, journaliste du Groupe de presse Equinoxe, a été menottée comme une dangereuse criminelle, et placée sous mandat de dépôt à la prison de New-bell à Douala, sous l’accusation de propagation de fausses nouvelles, d’atteinte à la sureté de l’Etat, et implicitement d’acte de terrorisme.

Cette privation de liberté pour un journaliste, intervient dans un contexte particulièrement sensible voire délicat et inquiétant. La situation est marquée à la fois par les tiraillements, moult insatisfactions et mouvements d’humeurs des lendemains de l’élection présidentielle du 7 octobre, et par la recrudescence des actes de barbarie de toute nature et de tous les camps, dans les régions anglophones en rébellion. A cela il faut ajouter la multiplication des prises d’otages, et l’augmentation des incursions des bandes armées dans tout le grand nord.

La Commission observe, que ce qui est reproché à cette journaliste, procède d’une mécanique et des méthodes dont les citoyennes et citoyens de notre pays, croyaient que notre système de gouvernance avait fait l’effort de reléguer dans les poubelles des pires étapes de son histoire, avec le train des lois dites « des libertés » de 1990. Il s’agit donc d’une régression aux implications inacceptables pour la morale publique, la crédibilité du pays voire la stabilité et la protection de l’ensemble des rapports sociaux, des affaires et de la création intellectuelle et artistique. NON IL NE FAUT PAS TRAUMATISER CETTE JEUNE JOURNALISTE.

La Commission exprime de fortes inquiétudes, face à ce qui ressemble à une volonté de paralyser les intelligences les plus fertiles, et de proscrire tout regard critique, toute analyse ainsi que toute contribution à la dissémination de l’information, de la connaissance, et partant à la maturation de la conscience nationale.

La Commission manifeste son soutien aux journalistes, individuellement, et collectivement à travers leurs différentes organisations et structures syndicales, et en appelle à la libération à bref délai de la journaliste MIMI MEFO. Les conditions de répercussion de l’information dont elle s’est faite l’écho, n’apporte ni avant ni après, une quelconque preuve de sa mauvaise foi, et encore moins d’une éventuelle intention de nuire à la réputation de l’armée, de porter atteinte à la sécurité de l’Etat, et surtout d’encourager la guerre civile.

La Commission regrette profondément, qu’une journaliste de surcroît bien identifiée, travaillant pour un groupe qui compte parmi les fleurons respectés de l’espace médiatique du pays, ait pu subir un traitement s’apparentant à une volonté de l’humilier, de lui infliger des

souffrances morales et une torture physique, en violation des instruments internationaux dont le Cameroun est signataire.

La Commission s’insurge avec force et légitime consternation, contre la subite prolifération des médias de la haine et d’appel au meurtre, dont la plupart jouissent de financements inexplicablement occultes, et affichent ouvertement des privilèges et des passe-droits verbaux et matériels, le tout couvert par une arrogante impunité dont l’histoire devra inéluctablement se charger de juger et de sanctionner, la responsabilité sur l’érection de la haine en pandémie. Ces médias à gage, nourris de discours de milices génocidaires sont devenus la première cause de déstabilisation et d’atteinte à la sureté de l’Etat, avant toute autre cause humaine volontaire ou involontaire. Les tolérer, les promouvoir, les financer constitue le crime que rien ne saurait ni porter ni atténuer, l’ultime crime.

La Commission rappelle que c’est au Gouvernement qu’il renvient, prioritairement, de savoir s’élever pour créer les conditions optimales d’un dialogue social et de l’indispensable apaisement. La stratégie de la guerre et de la répression absolutiste et jusqu’auboutiste, concoctée, encouragée et appliquée par quelques faucons qui ont choisi de marcher à contre-courant de l’histoire, du vrai vivre ensemble et des urgences de solidarité, de prospérité, de progrès et d’unité, relève d’un retentissant gâchis dont nous payons déjà au quotidien, un lourd tribut. Nous avons tous le devoir de le constater, mais aussi de le bannir, le déconseiller.

La Commission réitère sa solidarité avec les journalistes, les vrais, ceux mus uniquement par le souci d’informer, de faire le travail de formation, d’enseignement et de renseignement de l’opinion. Nous appelons à la révision des méthodes de travail des pouvoirs publics avec la profession dans un contexte aussi sensible. Jeter un journaliste en prison dans les conditions faites à MIMI MEFO, est toujours Une erreur grave, une faute, une défaillance regrettable pour un gouvernement. Jeter un journaliste en prison n’a jamais contribué à arrêter la créativité du métier dont la force réside justement, dans la capacité à innover, dans l’art de servir de contre-pouvoir aux abus de toute nature, d’antidote à l’obscurantisme et de recours contre la discrimination, la corruption, et la dissimulation explicite de la vérité.

La Commission exhorte en conséquence le gouvernement, à se raviver dans le traitement de ce dossier et de bien d’autres, en mettant en avant la conscience aiguës de ses lourdes et souveraines responsabilités devant l’histoire. Un entretien, une mise au point, un rappel à l’ordre, aurait largement suffit pour éviter l’enferment dans une situation qui conduit à la détention d’un journaliste de bonne foi. Autant la preuve du crime de MEFO est insoutenable et fragile, autant sa libération immédiate s’impose comme le corollaire logique de la répulsion intelligente de l’arbitraire. A QUI PROFITE LA PRIVATION DE LIBERTE A CETTE CITOYENNE ?

La Commission en appelle ainsi, à la prompte et diligente sagesse des plus hauts responsables de l’Etat et de la République. L’heure n’est pas, ne devrait pas, ne saurait être à ce genre de méthode./.

Yaoundé, le 09 Novembre 2018

Le Médiateur Universel

SHANDA TONME

Présidente de la Commission

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